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LSA (HBWR) - Vivre et laisser vivre
#1
Vivre et laisser vivre:




Le Set and Setting:

     Cet été j'ai revu un bon ami, dans la conversation il a ramené le sujet du LSA sur la table, me disant qu'il n'avait toujours pas essayé et que ça le tenterait bien.
Je me décide donc à organiser ça à une date qui convient à un maximum de monde, ce sera un week-end de septembre, je fais le tour de mes connaissances qui seraient intéressées.
On devrait donc être six :
Théodore qui est l'ami dont je viens de vous parler, Barnabé, on prendra les graines dans son cabanon, Jorasque un très bon ami du lycée qui à déjà consommé par deux fois ces petites graines, Paolo mon frère, Myrtille ma copine et moi même.

     Mais les choses se passent rarement comme prévu, Théodore dont la spécialité est de ne pas se pointer à tout type d'événements où il est invité ne dérogera hélas pas à son habitude, ce qui me contrarie quelque peu, j'avais en effet à la base organisé ce voyage sur son initiative et pour lui faire découvrir la chose.
De plus mon frère à aussi invité deux amis à lui qui ne devraient pas consommer et rester avec nous juste pendant le début de la soirée, ce sont Thorin, personne très discrète et gentille et Anna, ex petite amie de mon oncle (mon oncle à environ mon âge mais ça c'est une autre histoire) qui est restée très bonne amie avec mon frère, c'est une personne tout à fait atypique, très gentille et tactile, assez exubérante elle semble être perchée en permanence, de fait, elle peut mettre assez mal à l'aise ceux qui ne la connaisse pas et même si je l'apprécie bien, je n'ai pas envie de passer tout mon trip avec elle, je cherche quelque chose de plutôt calme comme atmosphère et j'ai peur que son décalage crée du malaise au cours de la soirée. Mon frère à aussi prévu de rentrer avec eux.

     Nous arrivons tous au cabanon - petit cabanon provençal assez isolé et calme - un peu avant 17h sauf Barnabé qui arrivera trente minutes plus tard.
On s'installe sur une petite table sur la terrasse en béton du cabanon, et Myrtille Jorasque et moi commençons à limer les graines.
Paolo ne souhaite pas prendre de LSA car il doit remonter sur Lyon le lendemain, en revanche il lui reste une gélule de MDMA qu'il hésite à prendre ou à donner à Barnabé pour une autre fois. De plus Thorin et Anna ont prévu de partir vers 19h il ne serait donc pas du tout synchronisé avec nous.
Anna lui parle alors de taper (prendre par le nez) la MD, mon frère adore taper, selon les dires d'Anna les effets sont dans ce cas plus intenses mais aussi plus brefs (étant peu renseigné et non consommateur de cette substance je ne sais pas du tout si cette affirmation est vraie).
Je sens mon frère de plus en plus motivé pour taper sa MD. Problème Anna et Thorin partent tôt pour pouvoir trouver un emplacement pour leur tente (ils ont vendu leur camion récemment et dorment maintenant en tente), Paolo les décide à monter leur tente devant le cabanon.
Ils passeront donc la soirée avec nous.

     Une fois Barnabé arrivé, je l'accompagne récupérer les clés de son cabanon chez son cousin qui habite à l'autre bout du champ de vigne, sur le trajet on échange nos points de vue sur la présence d'Anna, lui aussi pense que ça peut créer un peu de malaise, mais que au fond c'est pas si grave.
J'ai donc quelques appréhensions quant au déroulement de ce trip en plus de l'appréhension usuelle que j'ai avant chaque prise de psychédéliques.


Prise et douce montée :


     Il est 19h quand nous ingérons notre préparation de graines de HBWR limées, pilées au mortier et macérées dans du citron et du coca, Barnabé ne souhaitant pas une expérience forte en prends trois, ma copine et Jorasque en prennent cinq chacun et j'en prends six. Paolo, Thorin et Anna sont eux à la bière.

     Jorasque, Myrtille et moi nous allongeons sur des matelas qu'on à posé sur le béton en attendant l'arrivée des effets et le passage des éventuelles nausées.
Paolo et Anna sont rentrés pour préparer la trace de MD, Barnabé passe de temps en temps les regarder. On comprends pourquoi ils parlent de ''taper'' quand on entends les coups donnés sur les cristaux pour les affiner encore plus.
Je n'ai aucune nausée ni même l'ombre du début d'un effet négatif, et c'est pareil pour tout le monde. Je sens les premiers effets arriver en regardant les nuages, j'apprécie vraiment leurs teintes infinies et on s’amuse à y voir tout pleins de formes.
Peu de temps après avoir tapé sa MD, mon frère, Anna et Thorin ressortent et s'installent sur les chaises autour de la table, ils discutent entre eux en buvant des bières (à ce moment là je ne suis pas attentif à ce fait) et en fumant des cigarettes. Le problème avec la clope c'est que quand tu n'en consommes pas, l'odeur de la fumée est assez désagréable, irritante même et plus encore en montant avec un produit qui à tendance à filer la nausée de base, Myrtille aussi est gênée par l'odeur. Je leur demande alors si il est possible qu'ils arrêtent de fumer, qu'on aime pas trop l'odeur, ils me disent que oui, pas de soucis qu'ils finissent juste leur clope. Paroles hélas bien vites oubliées car ils en rallument une juste après...

     Ma copine commence de plus à avoir envie d'aller aux toilettes (il n'y en a pas dans le cabanon) j'ai aussi bien envie de me lever pour me balader un peu, on préviens les autres qu'on va marcher un peu et Barnabé décide de nous accompagner, il sent aussi des effets et fume de plus un joint, je lui dit que j'avais déjà eu pas mal d'effet avec seulement deux graines, donc là trois graines et un pétard ça risque d'être un peu intense quand même ! on commence à suivre une des pistes en terre qui part du cabanon, une que nous n'avions jamais empruntée sous LSA Barnabé et moi, peu après notre départ on voit Jorasque débouler en courant, un grand sourire aux lèvres, c'est un réel plaisir que de le voir aussi sémillant, Barnabé est étonné de le voir capable de sprinter comme ça en pleine montée de LSA, mais vraiment aucun de nous n'a de bodyload (je m'explique ceci par le fait qu'a la seule différence de nos prises précédentes on à grignoté un tout petit peu alors que d'habitude on le fait à jeun )
Le soleil n'est maintenant plus visible mais ses rayons atteignent encore les nuages, les parant ainsi de la beauté sans cesse renouvelée des couleurs du couchant. Tout en avançant on passe pas mal de temps à s'extasier sur le ciel et les nuages, je suis vraiment heureux de partager ce moment avec à la fois mes amis et ma tendre.
Des champs peuplés d'herbes folles aux longues tiges desséchées bordent le chemin, des milliers de petits escargots blancs sont agglutinés sur ces brins secs. Jorasque trouve que ça ressemble à un champ de coton.
Le chemin est maintenant bordé d'une forêt de pins aux pieds desquels pousse une inextricable broussaille, loin en fond il y a une lueur rouge et vive comme un incendie, je sais très bien que c'est des nuages éclairé par le soleil mais l'impression reste forte, je me sens de plus en plus joyeux tout le monde semble apprécier s’émerveiller devant pleins de petits détails de la nature. Les effets sont encore modérés mais bien présent.
Arrivés à un cabanon abandonné nous décidons de faire demi-tours, ayant déjà bien marché et n'ayant pas emporté d'eau du tout. Il reste encore quelques couleurs chatoyantes haut dans le ciel, et la sécheresse de la végétation alentours ainsi que la petite taille des arbres de la garrigues donnent à l'atmosphère un air de savane.
J'ébauchais alors une réflexion que je complète maintenant. L'une des clés du bonheur est de sans cesse s’émerveiller des mêmes choses, il est vain de vouloir toujours faire, voir ou découvrir quelque chose de nouveau, qui n'était jamais passé à la porté de nos sens, bien sûr cela doit être un moteur qui nous pousse à braver et explorer l'inconnu mais à n'utiliser que cette source pour avancer l'on finis par être blasé, et si je trouve le nouveau merveilleux je trouve le renouveau tout aussi magique, car une même chose (un coucher de soleil, le clapotis de l'eau, la lumière du matin sur le visage de l'être aimé...) n'est en fait jamais tout à fait identique à ce que nous en avions perçu la fois précédente, il y aura quelque petites variations qui en feront perdurer la beauté, qui la rehausseront sans cesse, un peu comme avec les Nymphéas de Monet où le même étang à été peint des dizaines de fois, pour autant il n'y a pas deux tableaux identiques : c'est l'émerveillement dans l'éternel renouveau du quotidien.

     Le soleil est maintenant tombé et l'on voit nettement Mars au dessus d'une petite montagne, à ce moment là je crois que c'est Vénus car j'ai mal interprété une carte du ciel que j'avais étudié avant le voyage. Ce paysage rappelle à Myrtille ce qu'elle imaginait quand enfant on lui parlait de noël et de l'étoile du berger qui guidait les rois mages.
Encore une fois je retrouve le schéma caractéristique de la montée au LSA: attrait intense pour tout ce qui passe à la portée de nos sensations, subtile euphorie, et évolution de la façon de penser.


Retour au cabanon, discordance:


     Dès que Paolo nous aperçoit, ils nous annonce qu'ils vont faire l'aller retour chez lui car il a oublié une partie de son insuline, je trouve ça un peu étonnant étant donné qu'il a déjà fait un aller retour pour ça pendant qu'on limait les graines mais je sais qu'il est distrait parfois donc je le crois.

     Jorasque, Myrtille et moi nous rallongeons sur les matelas et Barnabé s’assoit à la table avec Paolo Anna et Thorin. Ils parlent assez fort ce qui contraste avec le ton doux de nos conversations jusque ici, ils continuent de fumer et de boire (J'ai toujours pas intégré le fait qu'ils soient alcoolisés) et Anna reçoit régulièrement des messages sur son téléphone, le bruit des vibrations est surprenament agressif, leurs conversations sont très matérielles et contrastent vraiment avec l'esprit poétique et rêveur des nôtres, le décalage nous saisis Myrtille et moi.
Avant que l'on prenne les graines ils nous avaient dit qu'ils allaient se ''caler'' sur notre trip et respecter nos besoins sous LSA, je leur fait donc remarquer en rigolant qu'ils parlent un peu fort et de choses bien matérielles, mon frère me rétorque alors de les impliquer dans nos conversations, il n'a pas tort, ils me disent qu'ils vont parler moins fort, aussi je me joins à eux. Myrtille et Jorasque partent discuter un peu plus loin face aux vignes.
Je leur demande alors ce qu'il se passe avec le téléphone et pourquoi ils ne sont toujours pas partis chercher l'insuline de mon frère.
On m'explique alors les choses, mon frère avait bien son insuline, ils sont juste à la recherche d'un plan cocaïne, dans ma crédulité renforcée par le côté retour à l'innocence de ces graines je n'avais pas douté un instant que mon frère ait pu mentir, je ne fus pas du tout énervé de découvrir son mensonge même si je n'en comprenais pas la raison, j'ai vraiment aucun soucis à ce que chacun consomme ce qu'il veut...
Le téléphone était donc là pour parler au contact de mon frère, un cousin à nous: Jéliant. C'est Anna qui s'occupe de la conversation.
Dans son premier message elle écrivit : ''Salut Jéliant, c'est ta sorcière préférée''.
Elle eut comme réponse un truc dans le genre ''Je ne sais pas qui tu es mais Jéliant c'est mon mari ! ''. Le numéro qu'avait mon frère avait donc été réattribué et coïncidence, il était maintenant celui d'une femme qui vivait avec un Jéliant.
Je leurs ai dit '' Ah ouais mais en fait, sans le faire exprès vous avez peut être mis la merde dans un couple'' ce qui nous a fait un peu sourire.

     Je me décide alors à rejoindre ma copine et Jorasque, les laissant à leur conversation par téléphone. Avant que je ne puisse leur raconter quoi que ce soit, ils m'invitent à me mettre au milieu du chemin par lequel on arrive en voiture au cabanon, de chaque côté il y a un champ de vigne, il n'y a maintenant presque plus de lumière solaire et l'allée semble, par illusion d'optique, se poursuivre à l'infini jusqu'à la montagne face au chemin, ils me disent que c'est une allée infinie vers le cœur de la montagne, on trouve ça marrant et je suis content qu'ils soient dans l'expérimentation de leurs perceptions c'est vraiment une chose que j'adore faire sous psychédéliques.
Face à nous, de l'autre côté du champ, il y a un grand frêne mort. C'est étonnant comme par rapport aux autres arbres dont la silhouette se découpe nettement sur la montagne en fond, celui ci semble s'effacer, il quitte progressivement le monde et ça se ressent mais ce n'est pas vraiment triste, c'est une disparition douce.
L'humidité commence aussi à tomber et j'ai les pieds trempés, on revient donc tous les trois vers les matelas.
De la table proviennent de grands éclats de rires, j'en demande la nature et je comprends que la blague par téléphone à été poussée un cran plus loin, ils ont en effet fait croire à l'interlocutrice qu'il s'était passé (voir se passait encore) des choses entre Anna et Jéliant, j'ai bien compris ce qui était drôle, mais Myrtille et moi avons aussi trouvés ça méchant, cette blague allait très certainement affecter négativement un couple qui n'avait rien demandé, voir amener une situation potentiellement dramatique. Je sais que ce genre de blague m'aurait faite bien rire étant plus jeune et même un peu encore maintenant, mais là avec l'empathie amplifiée par le LSA ça me rendait vraiment triste, je leur en fis alors la remarque et Anna me dit qu'elle avait de toute façon continué la conversation sur un ton plus humoristique et en faisant comprendre à cette femme que tout cela était pure invention, mais que la femme avait peu d’humour, tu m'étonnes !
Allongés, on observe le cabanon, sa lumière est vraiment réconfortante, en la laissant arriver sur le coin de l’œil elle semble être issue d'un feu de cheminée pour Myrtille, Jorasque et moi ne percevons pas exactement ça, on finit par tomber tout les trois d'accord pour dire que ça fait plus lumière de crèche provençale. C'est fou comme une même chose peut susciter des perceptions différentes, mais j'y reviendrais plus tard.
Ils continuent de parler vachement fort à leur table, ça me gène pas vraiment mais je comprends pas pourquoi ils parlent si forts, Myrtille me rappelle alors qu'ils ont pas mal bu d'alcool, les choses deviennent évidentes. On reconnaît alors qu'un trip à l'alcool, qui rend bruyant, exacerbe l'ego et le sentiment de puissance se marie moyennement avec les effets du LSA qui ont plutôt tendance à être apaisant et à dissoudre l'égo.

     J'ai un peu envie de manger, j'ai pas vraiment faim, je veux plus goûter des aliments, je ramène alors la cagette de fruits que l'on a acheté pour l'occasion, Anna se joint à nous. Pour chaque fruit qui passe entre ses mains elle y trouve une utilisation ou un aspect sexuel, si ça peut paraître évident pour les concombres qui selon elle sont plastifiés individuellement pour cette raison, ça me paraît moins clair pour le fenouil ou les pêches, ensuite elles nous explique pendant dix minutes pourquoi les figues permettent de lutter contre l'apocalypse. Je n'arrive pas à rester concentré tout le long tant je suis submergé de stimuli et tant sont histoire est capilotractée, le plus étonnant c'est qu'elle est quasi-sobre et qu'elle à toujours ce genre de propos/réflexion sur tout et rien, c'est sympa mais un peu en décalage avec ce que je vis, d'ailleurs Myrtille lui dit ''mais en fait t'es tout le temps sous LSA toi !'' je surenchérit le plus naturellement du monde ''ben oui c'est certain'', Anna est vraiment heureuse d'entendre ça et le reçoit comme un compliment fort.
Depuis le début donc je suis par moment content, par moment indifférent et par moment un peu gêné par sa présence.
Elle repart ensuite vers la table, Jorasque allongé sur le côté laisse pendre une grappe de raisin au dessus de sa bouche, j'ai l'impression d'être face à un bas relief représentant un romain mangeant du raisin, ça nous fait bien rire. Ce sont d'ailleurs les fruits qui me réjouissent le plus ce soir, à la fois frais, juteux, et avec un goût qui se répand soudainement dans la bouche quand le grain éclate sous mes dents, un délice.
Anna revient alors, se met derrière moi et commence à me masser les cheveux, j'apprécie l'intention, je ne ressens vraiment rien de sexuel et les sensations sont agréables, mais bien vite je relève la tête car ça me fait une sensation bizarre qu'elle fasse ça alors que je suis collé à ma copine, elle demande alors à Myrtille si elle peut lui masser les cheveux, elle accepte et j'en suis content, je sais combien elle aime les massages, je ressens un peu ça comme une manière de s'intégrer pour Anna et j'en suis content, même si elle peut un peu mettre mal à l'aise parfois, je sais qu'elle est pleines de bonnes intentions et que c'est une personne fondamentalement bonne .
J'ai alors envie d'embrasser Myrtille, qui a les yeux fermés, en m'approchant de sa bouche je dis ''t'inquiètes c'est pas Anna qui va t'embrasser'', Anna me regarde alors avec un ton interloqué ''Parce que ça aurait été grave si je l'avais embrassé ?'' Je réponds un peu confus ''Euh non pas du tout, j'ai juste voulu prévenir pour pas qu'elle soit surprise'' et c'est vrai que ça m'aurait pas vraiment gêné si elle avait embrassée ma copine (même si j'aurais certainement trouvé ça étrange sur le moment), je me sens un peu maladroit mais je ne regrette pas du tout ce que j'ai dit.
Une fois le massage finis je me colle un peu contre ma copine. Que sa chaleur humaine m'est douce et réconfortante.


De l'acceptation de l'autre :


     Jorasque a pour l'occasion apporté la bouteille de Whisky 25 ans d'âge qu'on lui avait offerte pour son anniversaire, Paolo et Thorin sont chaud de la goûter, il va donc avec eux, Barnabé me propose d'aller marcher avec lui, ma copine se sent plutôt de rester confortablement allongée, nous partons donc tout les deux en direction de l'arbre mort.
Un froid humide s'insinue maintenant profondément en moi et j'ai les pieds tout détrempés, pour autant je ne trouve pas cela désagréable, on se dit quand même que l'on ne pourra sûrement pas dormir à la belle étoile comme prévu. Barnabé me demande ensuite comment je ressens les choses avec Anna, je lui dis que c'est par vague, cela semble être pareil pour lui.
On finit par arriver sous l'arbre mort, une maladie l'a tué en l'espace de trois ans, c'est dommage il était beau et bien trippant avec ses feuilles, ce qui n'empêche pas qu'il reste majestueux dans la mort, suivant où notre imagination va, il semble tantôt être sorti d'un film d'horreur, tantôt être simplement un arbre qui a perdu ses feuilles au beau milieu de l'hiver, je sens aisément la neige à ses pieds. J'entreprends alors d'expliquer à Barnabé la réflexion qu'on a eu précédemment sur cet arbre avec Jorasque et Myrtille, la tâche m'est pénible, je me rends compte assez violemment combien c'est un effort coûteux que d'expliquer en détail une scène et le cheminement de pensée associé.
Il a l'air content de ses effets, pas trop forts mais bien présents quand même, pour ma part je me sens bien bien perché et l'environnement extérieur, malgré le froid, le peu de lumière et l'humidité me semble souriant, je me sens vraiment bien. On parle ensuite de la notion ''d’attraper froid'' qui est complètement erronée, en effet le froid diminue simplement l'efficacité du système immunitaire, mais si aucun virus ou bactérie n'est présent on ne tombera pas malade, au pire on peut finir en hypothermie.

     De retour aux matelas je me rends compte qu'il est seulement 22h, le temps s'est donc extrêmement dilaté mais cela me laisse assez indifférent, ce soir il n'a pas d'importance, je profite simplement de vivre.
Seule ma copine est restée en bas, les autres sont à l'étage du cabanon, ma copine m'informe qu'Anna est entrain d'y faire un strip-tease, Barnabé s'empresse d'aller voir ça.
Je vois le dos de Jorasque qui est assis sur le rebord de la fenêtre, entrain de regarder la danse lascive qui se déroule devant ses yeux, une musique au sonorités indiennes s'échappe du cabanon. J'ai vraiment l'impression qu'il y a deux soirées dans deux mondes séparés, le monde d'en bas, doux et frais comme un ciel étoilé et celui d'en haut plus chamarré et aux accents orientaux, je trouve la situation complètement folle et pourtant cela ne me dérange absolument pas, on est tous physiquement dans le même lieu mais pourtant chacun d'entre nous vis une chose très différente et laisse vivre les autres, je ne suis dès à présent plus du tout dérangé par la présence de qui que soit, je me sens bien, je me sens dans l'altérité et je suis heureux de laisser vivre et s'exprimer chacun à sa manière. C'est vraiment l'absurde décalage de ces deux soirées tout à fait singulières se déroulant au même endroit qui m'a fait ce déclic. Je fait part de cette réflexion à Myrtille, je pense qu'elle est d'accord avec moi.
Nos deux derniers voyages, nous les avions eus seulement tout les deux, isolés dans notre petit cocon d'amour, celui-ci est une confrontation de ce cocon à l'altérité et je suis ému de la belle façon dont ça se passe.

     Myrtille me demande ensuite si j'aimerais aller voir Anna faire son strip-tease, je me doute bien de la réponse qu'elle souhaite entendre, mais comme depuis le début de notre relation et encore plus dans ce moment là, je lui réponds en toute franchise '' La voir pour le côté sexuel de la chose, pour l'excitation que j'en pourrais tirer cela ne m’intéresse pas, en revanche pour observer sa danse en tant qu'acte artistique et pour voir ce qu'elle a à exprimer avec son corps là oui ça peut m'intéresser''. Elle me dit qu'elle comprends mon raisonnement étant elle aussi dans cette démarche.
Barnabé redescend et nous dit qu'elle n'est même pas à poil, je lui expose alors mon raisonnement précédent, et tout de suite il dit à Myrtille en ricanant gentillement ''Ahah la bonne technique qu'il a trouvé pour aller la mater !''.
Je me prends en pleine face une fois de plus cette vérité : n'importe quel propos, peut importe son bien fondé et la pureté d'intention avec lequel il est émis, peut être réinterprété de milles façons possibles et détourné de son but initial.
Je lui explique ceci, je ne suis pas du tout gêné par son interprétation je sais qu'il l'a fait pour rire, mais c'est quand même atterrant de voir comment la vérité peut se trouver si aisément dévoyée, cf ce qui se passe avec tout les textes religieux/spirituels...

     Jorasque redescend, la musique évolue, ils sont passés à Highlight Tribe, ce qui vient de se passer avec Barnabé se reproduit quasiment à l'identique avec Jorasque, ça me fait bien sourire, Myrtille souligne alors que leurs esprits sont semblables sur ce point, ils font assez souvent des blagues en détournant les choses de manière sexuelle (à la réflexion on le fait tous plus ou moins quand même). Ce qui vexe faussement Barnabé, en effet même si ils s'apprécient à leur manière Jorasque et Barnabé ne sont pas les meilleurs amis du monde, je trouve cool qu'on puisse s'amuser et rire de tout, l'autodérision étant selon moi très importante pour le bonheur d'un individu, je suis heureux d'avoir des amis qui en sont assez bien pourvus.
Je me sens vraiment bien, dans ce petit cabanon provençal, au chaud sous ma couette à regarder les étoiles, collé à ma copine, avec mes amis et avec la musique au dessus et d'autres personnes qui dansent, il y a une certaine simplicité dans cette scène, une sorte d'image d'Épinal non péjorative d'une soirée entre amis quoi, je suis très heureux de ce que je vis et j'en fait part aux autres, c'est important de partager ce qui nous rend heureux.
En terme d'effets, je me sens complètement satellisé mais pourtant bien ancré dans le réel, physiquement et mentalement tout est douceur (seulement la mâchoire un peu lourde), des milliers de pensées m'assaillent et il est dur d'en exprimer une avec cohérence, il y a encore une fois cette confusion claire dans mon esprit.
J'ai envie de sentir le whisky de Jorasque, je me lève pour aller le prendre et là, je me rend compte que le champ de gravité est complètement distordu, certaines parties de mon corps ne pèsent rien tandis que d'autres sont extrêmement lourdes, quand je lève la jambe c'est comme si elle était en apesanteur, puis elle retombe me semble-t-il, dix fois plus vite qu'à la normale. Cela m'amuse au plus haut point et je reste un moment à jouer avec la gravité sur la dalle de béton avant d'aller chercher le dit whisky. Son odeur est d'une richesse et d'une complexité incroyable, pour autant je n'éprouve pas l'envie de le goûter.

     La musique évolue encore, une sorte de Hardteck avec un gros bpm et des sonorités qui apparaissent à un cerveau non acclimaté à ce genre de musique comme assez agressives. On se sent d'ailleurs tout les quatre un peu agressés, je me propose donc pour aller leur dire de changer de style musical, je préfère l’honnêteté radicale qui peut être un peu choquante à des non-dits qui amènent par la suite des rancœurs.
Je monte donc, l'étage sent fortement la sueur, et leur demande gentillement si c'est possible de changer de style musical, ils se demandaient si on les entendait et sont désolés que ça nous dérange, je leur dit qu'ils ont vraiment pas à être désolés et qu'il peuvent mettre un style de musique plus doux, mais ils préfèrent arrêter la musique, de toute façon Anna trouve qu'elle à assez dansé.
Je redescend et dès après m'être allongé sur le matelas, j’éprouve l'envie de faire un câlin à mon frère, j'ai au final passé bien moins de temps avec lui que ce que j'escomptais et nos soirées sont dans un délire assez différent, je me précipite donc en haut du cabanon et le prends dans mes bras, je lui répète aussi combien je l'aime, j'ai presque les larmes aux yeux, en redescendant je me dit : quelle putain de drogue de hippies quand même !


Partages de réflexions sous les étoiles :


     Peu de temps après (il doit être environ 23h) mon frère décide de rentrer chez lui pour se faire une bonne nuit de sommeil avant son trajet du lendemain, Anna et Thorin se proposent de le raccompagner.
Je lui dit au revoir et lui souhaite une très bonne nuit, peu de temps après, le silence se fait, enfin pas exactement car le bruit des grillons résonne fort dans nos oreilles, les effets sont encore assez fort et chacun expérimente dans son coin, ressent son corps, observe les étoiles, respire.

     À un moment, Jorasque me demande si j'ai déjà parlé de ma consommation de psychédéliques à mes parents, je lui réponds que non mais que j'ai longuement envisagé la question. L'idée même d'avoir une expérience avec mes parents est séduisante, ça pourrait les amener à voir et à comprendre des choses et leur offrir une conception plus large de ce qui peut se vivre et de la réalité. En revanche, d'un point de vue physiologique, entre hypertension et tachycardie due à une thyroïde endommagée je sais pas si c'est une très bonne idée (à ce moment là je ne lui ai pas parlé du côté physiologique de la chose, la confusion n'aidant pas toutes les pensées à remonter et s'organiser comme elle le font lors de l'écriture).
De plus, bien que j'assume complètement ma démarche, elle est assez difficile à amener sur la table et à faire comprendre à une personne complètement étrangère à ce milieu quand on sait tout les a-priori et absurdités qu'il y a sur la drogue, je pense donc que ça amènerait plus d’inquiétude à mes parents que de positif pour le moment. Cependant j’envisage de leur en parler un jour, quand je sentirai le moment venu ou si ils me posent la question directement, je ne chercherai pas à me cacher.
Je lui demande si lui en a parlé à ses parents, il me répond que oui, qu'il y est allé comme le Dude (The Big Lebowski) et qu'un jour il a dit à sa mère directement et sans préambule qu'il avait pris du LSA, elle ne lui à pas posé plus de questions que ça, sans doute à cause de l'étonnement.
Barnabé aussi à été amené à le dire à sa mère qui est infirmière, il lui posait en effet des questions un peu trop précises sur l'ergométrine et autres alcaloïdes présents dans le LSA et qui ont une utilité en obstétrique, sentant un truc louche elle l'a poussé à en dire plus, il a alors simplement énuméré tout ce qu'il avait déjà testé et les questions se sont arrêtées. Dans ces deux approches je sais que je serais insatisfait car ce n'est pas tant le fait de prendre une substance ou non qu'il m'importe de leur transmettre, mais surtout ce que j'ai pu en tirer en terme de réflexion personnelle et de regard sur la vie.

     Barnabé se sent ensuite de rentrer chez lui pour dormir au chaud, il doit habiter à environ trois kilomètres du cabanon et connais assez bien les chemins qui coupent à travers champ. Je discute un peu avec lui, il a encore des effets mais ceux-ci sont relativement faibles, je lui confirme que les miens sont encore forts, normal j'ai consommé deux fois plus de molécules que lui environ, donc mon cerveau à plus de boulot.
On se dit aussi que certes l'état d'esprit et le laisser aller jouent beaucoup sur les effets que l'on ressent, mais la dose aussi, il s'agit d'une fonction à deux variable et on regrette que trop souvent elle ne soit réduite qu'a l'une d'entre elle :
C'est la chimie qu'il y a dans notre corps qui agit sur l'esprit (on peut tomber dans la prise de trop fortes doses pensant que c'est le seul moyen de tripper ou l’hyper-médication par exemple) ou bien l'esprit peut tout sur le corps (poussé à l'extrême on peut penser guérir d'un cancer avec de l'homéopathie ou gober les théories de soins avec les énergies pseudo-quantiquo-new-age). Avoir des notions de mathématiques aide quand même à bien conceptualiser les phénomènes et à ne pas tomber dans les extrêmes.
Comme je sens que Barnabé est dans un très bon état je ne vois aucun inconvénient à ce qu'il rentre à pieds seul chez lui. Je lui souhaite donc une bonne nuit et une bonne balade nocturne et le laisse partir en totale confiance.

     Je reviens me blottir contre Myrtille, Jorasque est allongé non loin de nous. Sous la couette et avec de la chaleur humaine je me sens juste trop bien.
J'entends Myrtille dire rose tantôt avec le o ouvert tantôt avec le o fermé, elle me demande quelle version je préfère, je prononce donc les deux versions du mot mais je n'ai de préférence pour aucune. On ferme maintenant les yeux pour voir ce que l'on ressent suivant la prononciation, pour elle l'un lui fait penser à la couleur et l'autre à la fleur, pour moi dans les deux cas je pense à la couleur et à la fleur, mais ce n'est pas le même rose, l'un est un peu bleuté comme éclairé par la lumière qu'il y a avant le lever du soleil et l'autre est plus sec et vif. C'est amusant de voir comme une même information/phénomène amène à un ressenti et une imagerie mentale complètement différente d'un individu à l'autre.
De même en regardant le ciel j'ai l'impression que toutes les étoiles sont sur le même plan et qu'elle sont collées à un plafond de verre extrêmement lointain, en expliquant cela à voix haute, Jorasque me dit que lui aussi ''voit'' le plafond, à peine un kilomètre au dessus de nous, encore une fois différence d’interprétation. On remarque même que si l'on imagine le plafond loin il s'éloigne et si on l'imagine proche il vient presque se coller contre notre nez, comme si l'on pouvait attraper les étoiles.
Ces petites expériences permettent de prendre conscience de combien nos sens sont trompeurs, et que chaque individu (ou plus généralement être sensible) à une vision de la réalité unique et partielle, aucune de ces visions n'est vraie ou fausse elles sont simplement partielles et il est impossible d'avoir un ressenti complet et total du réel.

     Depuis l'expérience du rose ouvert et fermé, Myrtille est beaucoup plus centrée sur ses sensations internes et parle peu, elle sent la fatigue arriver.
Je ne sais plus comment il l'amène mais Jorasque me fait comprendre que ce serait bien que chaque humain essaye le LSA - amusant, j'ai le sentiment que cette pensée à traversé l'esprit d'à peu près toute personne ayant eu une expérience positive (ou qui a tiré du positif d'une expérience qui ne l'était pas forcément sur le moment) avec les psychédéliques - je lui dis donc que je comprends sa pensée car elle m'a traversée l'esprit aussi, je lui donne l'exemple du LSD, de la pensée Leary et des dérive qu'on amenées sa prolifération massive pendant la période hippies, même si je trouve les psychédéliques fabuleux et que je pense qu'ils peuvent apporter beaucoup à une large partie de la population, ils ne conviennent pas à tout le monde, d'une part car pleins de gens vivent très bien et très heureux sans ça et arrivent aux même réflexions et conclusions que ce à quoi on peut arriver avec des psychédéliques et d'autre part car cela peut déclencher des effets vraiment pas cool (HPPD, révélation d'une psychose latente, dépersonnalisation, déréalisation...) à une partie de la population.
De toute façon du moment ou on essaye de ''vendre'' un truc à l'humanité pour son bien, mes poils ont tendance à se hérisser, chaque individus chemine de façon personnelle dans sa vie et la spiritualité ne peut être qu'individualisée ou elle amène fatalement à des dérives.
Pour synthétiser ma pensée je dirais que les psychédéliques ne sont ni nécessaire ni suffisant au bonheur des individus.

     Le sujet glisse sur le pourquoi consommer des psychédéliques, je lui expose mon point de vue qui est que de part les sensations nouvelles et l'état de conscience modifié dans lequel on se trouve, on est amené à avoir des points de vue, des éclairages différents sur notre conception de la réalité, sur nos propres pensées et schémas mentaux, ce qui peut permettre par la suite de progresser dans sa voie.
Lui ne voit pas exactement les choses sous cet angle, pour lui ce qui est intéressant c'est que c'est une expérience originale, atypique qui apporte du nouveau, les réflexions il les a au quotidien, dans sa vision des choses la vie est une collection d'expériences et, au plus on en a et au plus elles sont diversifiées au mieux c'est.
Au début je trouvai ça un peu dommage de faire ça juste pour le faire et pour le côté exotique, mais dans sa façon d'organiser le monde ça fait sens et au final je discerne un lien sous-jacent avec l'approche que j'en ai.
C'est ça qui est bien avec l'altérité on gagne des points vues et des visions plus nuancées des choses, on s'enrichit au contact d'autrui.

     Anna et Thorin finissent par revenir, et même si Jorasque préférait le calme qui régnait quand on était trois, et même si ils font un peu de bruit (des bruissements plutôt, ils étaient discrets au possible) pour se faire chauffer des pâtes et manger un peu, ça ne me posait aucun problème et j'étais content pour eux, si ils ont faim, qu'ils mangent, si ils ont envie de parler un peu, qu'ils parlent, si ils ont envie de dormir, qu'ils dorment. Anna vint rajouter une couverture à nos pieds et nous dit bonne nuit.
On a continué à s'extasier un peu devant les nombreuses étoiles filantes qui depuis le début de la soirée n'avaient pas arrêtées leur ballet. Puis Jorasque a finit par tomber brusquement dans les bras de Morphée.
Chez moi les effets, bien qu'atténués, étaient encore trop importants pour laisser la fatigue pourtant bien présente l'emporter.
J'ai finis par arriver dans une sorte d'état de veille ou des pensées flottaient lentement en boucle dans mon esprit et je sortais de cette torpeur assez régulièrement pour boire car ma gorge était sèche, ou uriner car je n'arrêtais pas de boire. Je retrouvais à chaque fois avec bonheur la chaleur des couettes et le contact de ma copine, j'avais l'impression que nous étions deux loirs endormis l'un contre l'autre pendant les grands froids hivernaux.
Ceci à duré jusqu'au lever du soleil, sublime. Seul maintenant perduraient les effets dû à la fatigue, ce qui ne m'a pas empêché de me sentir vraiment bien et neuf jusqu'au soir ou je suis tombé comme une masse vers 21h.


Conclusion :


     Au final ce que je retiens de ce voyage outre le fait d'avoir passé un merveilleux moment avec des êtres qui me sont cher et le gros paquet de réflexions fort intéressantes qui accompagne chaque voyage, c'est l'impression d'avoir vécu mon individualité en toute liberté, et ce dans l'altérité, malgré mes appréhensions de départ sur les éventuelles discordances entre les différents protagonistes, je me suis rendu compte que de toutes manières on était tous sur cette même terre avec nos visions, pensées et interprétations de la réalité, et que peu importe le gouffre qu'il pouvait y avoir entre celles-ci, chacun avait le droit de vivre et d'être, et plus que ça, ça ne me gène pas du tout et je l'accepte complètement, je suis heureux de ces différences qui se côtoient.
Être et laisser être, vivre et laisser vivre.
To see a World in a Grain of Sand
And a Heaven in a Wild Flower,
Hold Infinity in the palm of your hand
And Eternity in an hour.

                               William Blake.
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#2
Excellent TR très fluide que je trouve aussi particulierement immersif, le seul point négatif étant de ne pas avoir pu être là pour partager le trip qui avait l'air très cool ^^

Merci de partager des TRs pleins de bonnes vibes!
[Image: qm94.png]
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Say No And Protest
Mes trips-reports:
[HBWR] Walker, et sa version en rap ici!
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#3
VOus êtes trop peace and love c’est beau... faute d’une reflexion plus profonde de ma part
Tout fumeur rêve de disparaître dans ses nuages . -Tesson

Mes Trip reports :

Cannabis : http://www.psychonaut.fr/thread-31341.html
Cannabis : http://www.psychonaut.fr/thread-31426.html
DXM : http://www.psychonaut.fr/thread-31394.html
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#4
T'es TR sont passionnant, j'adore le côté narratif
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#5
Super Tr comme d'habitude Smile

(18/09/2018 13:33)L'huitrerampante a écrit : De même en regardant le ciel j'ai l'impression que toutes les étoiles sont sur le même plan et qu'elle sont collées à un plafond de verre extrêmement lointain, en expliquant cela à voix haute, Jorasque me dit que lui aussi ''voit'' le plafond, à peine un kilomètre au dessus de nous, encore une fois différence d’interprétation. On remarque même que si l'on imagine le plafond loin il s'éloigne et si on l'imagine proche il vient presque se coller contre notre nez, comme si l'on pouvait attraper les étoiles.
Ces petites expériences permettent de prendre conscience de combien nos sens sont trompeurs, et que chaque individu (ou plus généralement être sensible) à une vision de la réalité unique et partielle, aucune de ces visions n'est vraie ou fausse elles sont simplement partielles et il est impossible d'avoir un ressenti complet et total du réel.

Pour le côté titillage contradictoire, je me suis demandé si nos sens étaient vraiment trompeurs, ou si c'était la perception de nos sens qui trompait notre esprit en lui faisant interpréter/ressentir les choses de manières faussées, illusionnées ?

En ouvrant la perspective je me dis que la drogue modifie nos perceptions et nos interprétions, ça c'est une évidence sur le fait qu'elle altère nos cognitions et notre mental, mais qu'en est-il de nos aptitudes sensorielles ?

Par exemple lorsqu'on ne ressent pas le froid en étant défoncé, est-ce que le corps le ressent mais pas l'esprit, ou est-ce que le corps est dans un état de modification physiologique telle, qu'il ne ressent pas le froid bien qu'il fasse froid. Idem pour l'odorat quand tu as senti le whisky, est-ce que ton odorat était décuplé en sentant toutes les nuances des arômes du malt, ou est-ce qu'en temps normal tu ressens autant d'odeur mais sans en avoir autant conscience que défoncé ?
Le Plus Appelle Le Plus
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#6
Moi je pense que c'est comme pour les sons, notre cerveau filtre ce qu'il perçoit et les psychés empêchent ce rôle de filtration, ce qui rend les sons distordus, ou plutôt on entend alors les sons plus ou moins dans leurs totalités, ce qui peut très vite créer une confusion au niveau auditif.

Je pense que c'est pareil pour le reste de nos perceptions, de même je pense qu'il n'y a que des perceptions, quand on se prend une méga perche, le touché, le goût, l'ouïe, la vue, etc, se confondent en une seule et même chose. Il n'y a plus de barrières.

Plus de perceptions.

Et le lsa au niveau du goût c'est quand même fameux, j'ai jamais autant tripé de ma vie en tentant de manger une baguette...

Tenter parce que j'arrivai pas a avaler lors de mes premiers trips.

Comme si j'étais un nouveau né qui devait tout apprendre et qui apprenait toujours plus à chaque trips, jusqu'à redevenir un homme.

Après pour la chaleur, je trouve qu'un trip augmente quand même le ressenti de la chaleur, perso j'ai souvent été dehors en tee-shirt en hiver sans problèmes.

En été par contre j'ai déjà passé certains trips allongé sur le carrelage à poil en suffoquant...

Et à l'inverse parfois surtout quand la fatigue aide, j'ai plus froid que d'habitude.

Sinon il est cool ton tr !

Très agréable à lire et j'aime bien ta conclusion !
L'homme est un fou qui pense pouvoir contrôler la vie, alors qu'il ne se contrôle pas lui même.
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#7
Merci à tous pour vos retours Wink

Mon point de vue sur les sens et les perceptions c'est que les sens ne sont pas trompeurs en soit, ils ne sont qu'une mesure d'un paramètre (température, intensité d'une longueur d'onde, intensité et fréquence d'une onde sonore...) mais c'est bien l'interprétation que notre cerveau en fait qui est trompeuse, en ce sens qu'un même stimuli va amener une imagerie mentale très variable d'un individu à l'autre voir même à un même individu mais à deux instant différents de sa vie.

Je rejoins Huxley sur l'explication qu'il donne, notre cerveau a pour fonction de filtrer une quantité phénoménale d'informations qui lui arrivent en continu et de ne faire remonter à notre conscience que ce qui est utile à notre survie en temps normal (en fin je l'ai compris comme ça ^^).
Ainsi selon lui les psychédéliques ouvrent les portes de la perception en ce sens que pendant le temps de l'expérience psychédéliques la fonction de filtrage de l'information du cerveau et partiellement voire complètement abolie ce qui fait qu'on prend littéralement le monde en pleine face.

Je ne pense donc pas que les aptitudes sensorielles se trouvent particulièrement modifiées avec les psychédéliques, mais que c'est principalement le traitement de l'information (fait par le cerveau) fournie par nos sens qui est altérée .
Et si Huxley parle d'ouverture de portes je pense que d'autres se ferment, ainsi je pense que mon corps était toujours apte à sentir le froid mais que ce stimuli n'était pas interprété comme tel par mon cerveau et je pense qu'étant focalisé sur le fait de sentir mon whisky mon cerveau à fait remonter un signal beaucoup plus ''brut'', moins filtré, à ma conscience.
ce serait intéressant d'avoir le point de vue de la neurologie la dessus ...
To see a World in a Grain of Sand
And a Heaven in a Wild Flower,
Hold Infinity in the palm of your hand
And Eternity in an hour.

                               William Blake.
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